Poser la question Yango ou Heetch revient à comparer deux logiques opposées. Yango est arrivée à Dakar en décembre 2021 avec une campagne massive et s’est imposée comme l’application la plus utilisée de la capitale. Heetch a suivi un mois plus tard, plus discrètement, via une coentreprise avec des partenaires sénégalais, et joue depuis la carte de la commission basse.
Pour un chauffeur, cela se traduit par un arbitrage simple à énoncer et difficile à trancher : plus de courses d’un côté, plus de marge par course de l’autre. Voyons ce que chacune apporte réellement, et pourquoi la meilleure réponse n’est probablement pas d’en choisir une seule.
L’essentiel en 30 secondes
- Yango est de loin la plus utilisée à Dakar, avec le plus gros volume de courses
- Heetch revendique la commission la plus basse du marché, à 14,5 %
- Yango couvre aussi la livraison de colis, deux-roues et cargo compris
- Uber n’opère pas au Sénégal, la comparaison se joue entre ces deux-là et quelques challengers
- Les revenus annoncés par les deux plateformes sont incompatibles entre eux
- Aucune n’exige l’exclusivité
Yango ou Heetch : qui a le plus de courses ?
Dans le duel Yango ou Heetch, c’est le point le plus difficile à contourner pour la seconde. Yango est aujourd’hui l’application la plus téléchargée et la plus commandée à Dakar, et Heetch compte nettement moins de chauffeurs actifs.
Pour toi, cela se traduit en temps mort. Une commission basse sur une application où les demandes arrivent lentement rapporte moins qu’une commission plus élevée sur une application saturée de courses. Le calcul ne se fait pas sur le pourcentage, mais sur ce que tu encaisses à la fin de la journée.
Yango a aussi étendu son offre à la livraison de colis, y compris en deux-roues, en tricycle et en véhicule cargo. Si tu veux diversifier tes sources de courses, c’est un avantage réel.
Yango ou Heetch : quelle commission pour le chauffeur ?
Heetch se positionne explicitement comme l’alternative à commission réduite. Sur son propre site, la plateforme annonce une commission de 14,5 %, qu’elle présente comme la plus basse du marché sénégalais.
Si ce chiffre correspond à ta situation, la différence est loin d’être anecdotique. Sur une recette de 30 000 FCFA dans la journée, chaque point de commission représente 300 FCFA, soit près de 9 000 FCFA sur un mois de travail.
Pour Yango, aucune commission publique n’est communiquée au Sénégal. Il faut la vérifier directement auprès de la flotte à laquelle tu es rattaché, car c’est elle qui applique le prélèvement et qui peut y ajouter sa propre part.

Les revenus annoncés : à lire avec méfiance
Voici un point que personne ne relève quand on compare Yango ou Heetch, et qui mérite ton attention.
Sur son site sénégalais, Yango indique qu’un chauffeur partenaire peut atteindre 350 000 FCFA par mois. Sur le sien, Heetch avance qu’un chauffeur régulier peut gagner jusqu’à 300 000 FCFA par semaine.
Mets les deux côte à côte : la seconde annonce représente environ quatre fois la première. Ces deux chiffres ne peuvent pas décrire la même réalité de marché. Ce sont des plafonds commerciaux, pas des moyennes, et aucun des deux n’est vérifié par une source indépendante.
La conclusion pratique est simple : ne choisis pas ta plateforme sur une promesse de revenu. Choisis-la sur la commission réelle qu’on te prélève, sur le nombre de courses que tu reçois effectivement, et sur ce qui reste après le carburant et le versement. On détaille ce calcul dans notre article sur les revenus d’un chauffeur à Dakar.
L’inscription : un point à vérifier
À Dakar, l’accès à Yango passe par une flotte partenaire : tu ne signes pas directement avec la plateforme. C’est la flotte qui valide ton dossier, te connecte à l’application et définit une partie de tes conditions de travail.
Chez Heetch, les informations disponibles décrivent une inscription auprès de la plateforme suivie d’une formation avant activation du profil. Les procédures évoluent, donc vérifie les modalités en vigueur — à commencer par ton permis de conduire — avant de constituer ton dossier.
Ce détail compte davantage qu’il n’y paraît : une partie de ce que tu gagneras dépend moins de l’application que de l’intermédiaire par lequel tu y accèdes. Notre guide pour devenir chauffeur détaille les questions à poser à une flotte avant de signer.
Alors, Yango ou Heetch ?
La réponse honnête est : les deux, si tu le peux.
Aucune des deux plateformes n’exige l’exclusivité. La stratégie qui fonctionne consiste à garder les deux applications ouvertes et à prendre la course la mieux payée à chaque instant. Tu utilises le volume de Yango pour ne jamais rester sans course, et la commission de Heetch quand une demande arrive en parallèle. Le temps mort, pas le pourcentage, est le vrai ennemi de ta journée.
Cette stratégie suppose toutefois une condition que beaucoup de chauffeurs n’ont pas : pouvoir décider seul sur quelle application tu travailles.
La liberté de choisir dépend du véhicule
Choisir entre Yango ou Heetch suppose d’en avoir le droit. Si tu conduis la voiture d’un tiers, ce n’est pas toi qui décides. Le propriétaire ou la flotte peut t’imposer une plateforme, un créneau ou un versement quotidien qui tombe quoi que tu fasses. Comparer les commissions n’a alors qu’un intérêt théorique.
Avec ton propre véhicule, l’arbitrage redevient le tien. Tu t’inscris où tu veux, tu combines les applications comme tu veux, et tu gardes ce qui reste.
C’est ce que permet la location avec option d’achat : tu paies pendant que tu travailles et, à la fin du contrat, le véhicule est à ton nom. Sans banque, sans garant et sans historique de crédit, comme pour toute voiture sans crédit bancaire au Sénégal.

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Questions fréquentes
Cela dépend de l’équilibre entre volume et commission. Yango offre nettement plus de courses car elle est la plus utilisée de la capitale, tandis que Heetch revendique une commission de 14,5 %, présentée comme la plus basse du marché. Le résultat final se mesure à ce qui reste en fin de journée.
Oui, aucune plateforme n’exige l’exclusivité. C’est même la stratégie la plus rentable : garder les deux ouvertes et prendre la meilleure course disponible réduit le temps mort entre deux trajets, qui pèse plus lourd sur tes revenus que le pourcentage de commission.
Non, Uber n’opère pas au Sénégal. À Dakar, le marché du VTC se partage principalement entre Yango et Heetch, rejointes depuis par d’autres acteurs. La comparaison utile pour un chauffeur se joue donc entre ces plateformes-là.
Les plateformes annoncent des chiffres très différents et incompatibles entre eux : jusqu’à 350 000 FCFA par mois côté Yango, jusqu’à 300 000 FCFA par semaine côté Heetch. Ce sont des plafonds commerciaux. Le revenu réel dépend des heures, de la zone, du carburant et du versement éventuel.
Pour Yango à Dakar, oui : l’inscription passe par une flotte partenaire qui valide ton dossier et te connecte à l’application. Les modalités des autres plateformes peuvent différer et évoluer, donc vérifie les conditions en vigueur avant de préparer tes documents.

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